Compte-rendu détaillé
L’atelier animé par Philippe Miras, un praticien passionné d’hypnose depuis 1980, a offert une immersion approfondie dans la méthode Swan, une technique d’hypnose thérapeutique aussi rapide qu’innovante. Introduite par Bob Burns, qu’il a rencontré lors d’une formation à Londres il y a 12 ou 13 ans, cette approche se distingue par sa capacité à induire un état hypnotique en une à deux minutes, les yeux ouverts, dans un cadre conversationnel. Philippe, qui fut le sujet de la toute première vidéo sur le Swan, a partagé son expertise avec une énergie communicative, mêlant théorie, démonstrations pratiques et anecdotes personnelles pour captiver son audience.
Le Swan, situé entre l’hypnose classique et le conversationnel, repose sur une induction rapide et une utilisation astucieuse des réponses idéomotrices, notamment via des mouvements inconscients des doigts. Philippe a insisté sur son efficacité pour contourner les résistances, un point clé illustré par des références historiques comme les travaux d’Erickson dès 1920 ou ceux de Crohn dans les années 1950 sur le signaling manuel. Avec un taux de réussite de 95 % selon des études mentionnées (notamment par Hammond), cette méthode permet d’établir un dialogue direct avec l’inconscient, souvent sous forme de « théâtre hypnotique » où le thérapeute joue un rôle de médiateur. Les suggestions, délivrées sans phrases codées traditionnelles comme « vos paupières sont lourdes », s’appuient sur une conviction absolue de l’opérateur, essentielle pour emporter l’adhésion du patient.
Sur le plan pratique, Philippe a détaillé plusieurs étapes clés. Il a recommandé de commencer par demander au patient de lever une main, généralement la droite, et de fixer son attention sur les doigts pour détecter les premiers micro-mouvements inconscients. Ces signaux, une fois identifiés, sont ratifiés par des phrases comme « tu vois, ton doigt bouge tout seul, c’est ton inconscient qui parle ». Il a aussi insisté sur l’importance d’un ton de voix calme mais affirmé, adapté au rythme naturel du patient, pour amplifier l’effet des suggestions. Pour gérer des cas complexes, il a montré comment utiliser les deux mains : une pour une réponse « oui », l’autre pour « non », permettant une négociation entre différentes « parties » internes si elles émergent.
L’atelier a alterné entre une présentation PowerPoint, des pauses pour analyser des vidéos et un segment questions-réponses dynamique. Philippe a particulièrement mis en lumière l’aspect dissociatif du Swan, idéal pour les parts-thérapies. Cette approche excelle lorsqu’un patient exprime un conflit interne, comme « une partie de moi veut arrêter de fumer, une autre veut continuer ». En assignant une « partie » à chaque main, le thérapeute peut poser des questions ciblées (« Quelle est ton intention positive ? ») et obtenir des réponses via les doigts (un mouvement pour « oui », un autre pour « je ne sais pas »). Cette dissociation permet de désamorcer les tensions internes et de faciliter une résolution, le tout en restant dans un cadre conversationnel fluide et non intrusif.
Les applications du Swan, comme expliqué par Philippe, sont vastes. Il peut être utilisé pour des problématiques courantes comme les phobies, les compulsions alimentaires ou la prise de parole en public, souvent en 20 à 30 minutes par séance. Il a illustré cela avec un exemple : un patient craignant de parler en public pourrait voir une main exprimer la peur et l’autre la confiance, ouvrant la voie à une médiation interne. Philippe a aussi évoqué des cas opportunistes, comme passer en « direct voice » pour une hypnose profonde si le sujet est très réceptif, ou l’adapter en auto-hypnose pour des praticiens expérimentés. Ces exemples ont montré la flexibilité de la méthode, applicable aussi bien en thérapie brève qu’en exploration personnelle.
Enfin, Philippe a partagé des conseils précieux : éviter les pathologies lourdes comme la schizophrénie ou la bipolarité, privilégier des sujets déjà en confiance pour les premières tentatives, et conclure chaque séance par « y a-t-il autre chose ? » pour capter d’éventuels besoins non exprimés. Cet atelier, dense mais structuré, s’est achevé sur une invitation à expérimenter par paires, laissant les participants enthousiastes à l’idée d’approfondir cette méthode via des ressources comme son livre *L’Hypnose au bout des doigts*. Une introduction captivante à un outil hypnotique aussi puissant que polyvalent.